Victor Mazé

Commissaire de Police à Shangaï

Parmi les sages retraités qui ont vécu dans la région henvicoise, beaucoup ont parcouru le monde durant leur vie active. Des marins, souvent, mais aussi des jeunes, qui, au début du 20ème siècle, ont trouvé des situations, dans les territoires dépendant de la France, comme missionnaires, ou religieux, mais aussi dans tous les emplois que nécessitait la présence française dans ces territoires. Victor Mazé fut l’un d’eux.

Victor, comme tout le monde l’appelait, est né en 1908 à Henvic, où il a passé une partie de sa jeunesse, jusqu’au jour où il postula pour un emploi dans la police. Sa première affectation l’amènera durant cinq ans à Shangaï, de 1934 à 1939.

En 1939, Victor Mazé revient en France, pour un congé, juste au moment de la déclaration de guerre, et il est mobilisé au 46ème Régiment d’Infanterie de Rennes. C’est dans ce régiment, qu’il prend part aux combats du côté de Soisson, jusqu’au jour de l’Armistice, où il est démobilisé.

Après la guerre, il obtient une année de disponibilité avant d’être à nouveau affecté dans la police. En 1946, il repart pour Shangaï, où il fait venir sa fiancée henvicoise, et il se marie. Il est affecté ensuite en Indochine, où il exerce avec le grade de commissaire adjoint durant une dizaine d’années, tout d’abord au Cambodge, puis à Pnomp Penh. “Les séjours en Indochine duraient trois ans, dit-il et étaient entrecoupés de congés durant lesquels il pouvait revenir en France.”

Démobilisé en 1956, en Indochine, Victor Mazé se voir alors proposer un poste en Afrique, du Nord, mais il préfère rentrer avec sa famille en France, où il est reclassé inspecteur de deuxième classe. Il travaille alors pendant neuf ans, dans la police à St Nazaire, avant de prendre sa retraite en 1966.

Une retraite bien remplie.

C’est pendant ses années de retraite que Victor Mazé est devenu une “figure” à Henvic. En effet, pendant plus de vingt cinq ans, il a été à la fois chantre et sacristain de l’église. Se montrant toujours disponible pour aider les prêtres qui se sont succédés dans la paroisse. Il a tenu l’harmonium, puis le nouvel orgue à pratiquement toutes les cérémonies religieuses, jusqu’à ce que des ennuis de santé l’obligent à se retirer à la maison de retraite de Taulé.

Victor Mazé était également bien connu à Henvic, pour ses talents de graveur sur ardoise. Avec une patience infinie, et avec des outils de sa fabrication, comme avec des rayons de bicyclette, il a passé des mois entiers à graver sur de grandes ardoises, les plus beaux monuments de la région. On peut voir, dans de nombreuses maisons de Henvic, il y en a même une à Ker an Oll, de magnifiques gravures, de la vieille église de Henvic, ou du Kreisker.

Mais Victor Mazé ne fut pas le seul membre de sa famille à avoir voyagé. Il était en effet le frère de Mgr Mazé, qui est enterré au cimetière de Henvic, et qui fur pendant plusieurs années, évêque de Hanoï. Un de ses enfants, Loïc Mazé, est frère des écoles chrétiennes, et enseigne à Nouméa, au Burkina Faso.