La rénovation de l’édifice

De longues démarches avant la rénovation

Un rapport du 20 mars 1937 de L. Prieur concerne la réfection de la charpente et de la couverture. Un devis est présenté, prévoyant le remplacement des pièces de charpente pourries, particulièrement les sablières et les entraits et quelques éléments de chevrons. Il est prévu également le calage, en sous-oeuvre des deux contreforts du pignon Est. On envisage aussi la réfection du voligeage et de la couverture en grosses ardoises de Sizun, ainsi que  le remplacement de la voûte en lambris.

Ces travaux sont très urgents. L’édifice est interdit au public en raison du danger, les chutes de matériaux sont fréquentes.

Dans une lettre du 7 octobre l939, le conseil municipal de Henvic explique qu’en raison des évènements, (nous sommes au début de la deuxième guerre mondiale), il a décidé d’ajourner la question de participation de la commune au règlement des travaux. Il faut donc attendre la fin de la guerre, pour que le 30 novembre l945, le toit de la vieille église soit descendu.

Le rapport du 25 avril 1946, de Cornon, concernant la réfection de la charpente et de la toiture, ainsi que des vitraux est approuvé par le conseil municipal le 25 avril 1946.

Mais les dégâts se sont aggravés. «Proposée pour le classement à plusieurs reprises, notamment en l933, l’église était déjà en fort mauvais état. Le classement n’ayant été prononcé que le 3 août1936, elle est resté sans entretien jusqu’à ce jour et la couverture est actuellement dans le plus grand délabrement: La charpente qui est à chevrons formant ferme s’est effondrée avec la couverture, et le remplacement des pièces de charpente s’impose. Les rampants du pignon Est sont disloqués et deux contreforts, mal fondés, tirent sur la maçonnerie du pignon et y ont causé une lézarde a chaque extrémité”.

L’édifice tel qu’il apparaissait jusqu’en 2013

Mais les démarches semblent traîner, Le 19 mars 1948 on constate que depuis deux ans, un devis établi en vue de la restauration du bâtiment, a été présenté par l’Architecte des Monuments Historiques Cornon. Mais celui-ci, en raison de la carence municipale, a été invité a réduire les travaux à ceux strictement nécessaires pour assurer la conservation de l’édifice.

Le 17 février 1950. le conseil municipal sollicite la suppression du classement de la chapelle de l’ancienne église et du cimetière environnant et l’autorisation de procéder aux démolitions nécessaires, en raison du “danger que constitue l’état de délabrement de la chapelle de l’ancienne église”. Il Considère que depuis une dizaine d’années, ce bâtiment demeure sans toiture, que le pignon est, bien qu’étant appuyé a ses deux extrémités par des contreforts, lézardé sur toute sa hauteur et penché vers l’extérieur, menaçant de s`écrouler sur les tombes faisant partie du cimetière, également classé. Il considère également que “celle construction ne présente aucun caractère artistique, justifiant le maintien de son classement, que le clocher attenant, classé a part, serait préservé de la démolition envisagée, le déclassement de l’église et celui du cimetière permettrait la sauvegarde des pierres tombales continuellement menacées par l’éboulement du mur de l’église ou par le bris des branches des arbres surplombant les tombes”.

Lettre de René Lisch datée du 28 iuillet 1950 :

” L’état de délabrement de la chapelle St-Maudez n’avait pas échappé a M. l’Architecte Comon. Le 25 avril 1946, il avait déposé un devis en signalant l’urgence de ce travail, la chapelle étant déjà interdite au public, vu le danger. Ce devis a été approuvé et un fond de concours de 550 000 francs demandé. La commune n’ayant rien voté, aucun travail n’a été entrepris.

L’intérêt archéologique des murs de la chapelle dans leur état actuel est à peu près nul mais du fait de la démolition de la toiture, la silhouette du clocher attenant a beaucoup perdu. C’est du reste pour conserver celle silhouette que la chapelle avait été classée. On envisage de refaire une toiture en ardoise de Locquirec, semblable a l’ancienne.

La municipalité souhaite donc la démolition de la chapelle et refuse, en 1946, de participer a la réparation de sa couverture. N’ayant pas obtenu de participation, les travaux n`ont pu être faits, la toiture et la charpente s’écroulent et les élus demandent la démolition.

Mais les Bâtiments de France estiment que la conservation des maçonneries est indispensable pour conserver l’aspect pittoresque de la chapelle”. Il demande donc qu’un crédit de 80 000 francs soit accordé d’urgence pour ces travaux de sécurité. La délégation permanente approuve les conclusions du rapporteur et se prononce pour le maintien du classement et l’ouverture du crédit demandé.

Les murs de la nef sont conservés Le crédit est accordé le 14 décembre 1950. Les travaux ont lieu pendant le mois de novembre 1951, comprenant la reprise des enduits, le désherbage el la stabilisation du niveau d’arase.

La sauvegarde de l’édifice

Il faudra attendre l’année 2012, après l’insistance des maires successifs, et en particulier de François Stéphan, ainsi que le montage de plusieurs dossiers, pour que le sauvetage de l’édifice soit à nouveau envisagé.

Une association “Pour la Sauvegarde de l’Ancienne Eglise du XVIème Saint Maudez et Sainte Juvelte” est créée, afin d’appuyer la municipalité dans le montage financier nécessaire.

Les collectivités publiques, (Etat, Région, et Département) contribuent grandement au financement de l’ensemble du projet, à hauteur d’environ 80%.  Le complément à charge de la commune est substantiellement réduit grâce au lancement d’une souscription publique en juin 2011, aux dons des particuliers, à l’apport de la Fondation du Patrimoine, et au versement d’une prime exceptionnelle de la Région Bretagne.

Un chantier qui connaîtra des rebondissements démarre en septembre 2012, Mme Marie Suzanne de Ponthhaud, Architecte en Chef de Monuments Historiques, nous résume ce chantier qui a débuté par “le renforcement du sol du clocher qui déversait légèrement, présentait de nombreuses fissures, et menaçait même de s’écrouler. La reprise en sous-œuvre a été réalisée par injection de limons et de résine et a été complétée par une restauration des fondations dont la cohérence avait été fragilisée par le ravinement et par les vibrations de la route. Elle a été suivie par la restauration des maçonneries de la flèche de la galerie haute, de la tour du clocher et de sa tourelle d’escalier comprenant le nettoyage, le rejointoiement des parements, le remaillage des fissures et le remplacement des pierres altérées. La terrasse a été protégée par une couvertine en plomb afin de stopper les infiltrations d’eau qui ravinaient les maçonneries sous-jacentes.

En février 2013, lors du piquage des joints en ciment qui altéraient les parements du porche, les maçonneries ont subitement craqué et déversé. Des étaiements ont été installés en urgence pour sauver l’ouvrage et, après analyse de la situation, il a été constaté que les maçonneries des élévations Sud et Ouest étaient totalement vidées de leur mortier interne et ne tenaient plus que ” par habitude”.

Trop instables, ces deux élévations ont été numérotées et relevées avec précision avant d’être démontées et remontées pierre à pierre. Cet incident a confirmé 1’extrême urgence qu’il y avait à intervenir sur le monument qui a, de ce fait, été sauvé par la réactivité des maçons…

Après la restauration de la salle d’archives, de la charpente et de la couverture en ardoises des Monts d’Arrée, les travaux sur le porche se sont achevés début février 2014 par la restitution de la voûte d’ogive en bois (dont subsistaient les départs des arcs et la clé sommitale).

La seconde tranche de travaux devait démarrer dans la continuité de la première sans interruption. Or, dans la nuit du 14 au 15 février 2014, une tempête virulente (succédant à de longues et fortes intempéries) a eu raison du mur pignon Est de la nef qui s’est en grande partie effondré. Construit pour limiter l’emprise de l’édifice remplacé par la nouvelle église, ce mur en moellons n’était pas liaisonné avec les murs de la nef. De plus, depuis que la toiture avait été démontée en 1945, il n’était protégé que par une simple chape de ciment.

Cet événement a de nouveau stoppé les travaux mais aussi ouvert la voie à une réflexion sur la possibilité de remplacer ce mur opaque par une cloison ajourée montrant sans ambiguïté que l’édif1ce se prolongeait vers l’Est avant la démolition du chœur et du transept. L’apport de lumière qu’offre cette nouvelle clôture devant permettre aussi d’envisager une utilisation de l’église pour des activités à vocation culturelle (expositions…)

En 2016, une nouvelle charpente en chêne est posée, et recouverte de solides ardoises des Monts d’Arrée. L’ensemble de la maçonnerie est consolidé et le pignon Est, au lieu d’être refait en pierres, est reconstruit en bois en verre, donnant belle allure à l’ensemble. L’intérieur est également rénové, avec les enduits des murs, et une réfection du sol, conservant les dalles de shiste.

La nouvelle charpente et le pignon EST

La nouvelle toiture

                    Le pignon Est

Un magnifique travail du bois

 L’intérieur

Les vitraux

La cloche a retrouvé sa place

Le mécanisme de la vieille horloge va être préservé.

On peut le voir dans l’édifice